Guides de Chamonix

Mont Blanc Ski et Guide Compagnie
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Armand & Léon COUTTET

De père en fils...

La compagnie des guides honore cette année deux grands guides, le père et le fils Armand et Léon Couttet.
Tous deux ont été président de la Compagnie.

C’est en rentrant de la guerre de 14, à 31 ans qu’Armand  c’est tourné vers la montagne ; comme son père avant lui.

Il a été porteur, puis guide, il a accompagné des clients devenus ses amis dans de grandes courses. Ceux-ci étaient fidèles au même guide des étés durant et pendant de longues années.

Sa passion pour la montagne le conduit vers d’autres vallées  « Il est le pionnier des Dolomites »   dira Roger Frison Roche. Il aimait à dire « On dit ici que c’est vertical, là-bas aucune faute n’est permise, les guides italiens nous surveillent à la jumelle ».

Le Grépon, parmi les Aiguilles de Chamonix, était sa course préférée.

Que ce soit au Cervin avec le guide de Zermatt Frantz Locmatter, à la Fouly  ou à Courmayeur, il a su fédérer une grande solidarité au sein des guides.

A 60 ans il effectue encore la traversée des Dômes de Miage jusqu’au Montenvers par les sommets. Beaucoup de guides et de jeunes aspirants venaient lui demander conseil.

Il fut président des guides  de 1941 à 1945.

Avec Alfred Balmat des Pellerins il est le précurseur de la caisse de secours des guides, que de familles éprouvées il a aidé avant d’être terrassé à son tour par la perte brutale de son fils Léon, il y a 50 ans cette année.

Elevé au pied du glacier des Bossons, Léon a très vite intégré son environnement et levé les yeux vers les sommets. Sur les traces de son père la passion de la montagne c’est révélée très jeune puisqu’à 17 ans ils gravissent l’Aiguille de la République, l’aiguille du Géant, qui dans le contexte de l’époque était déjà remarquable.

A 20 ans toujours avec son père on le trouve au sommet de la Verte, de la Sans Nom, ainsi que les grandes classiques des Dolomites.

Il passe son diplôme de guide à l’ENSA en 1946 ou il est brillamment reçu major de sa promotion avec les félicitations du jury.

Armand Charlet écrira « Sa valeur technique de guide est reconnue par ses pairs ». Ces qualités morales le portent très jeune à 26 ans à la Présidence de la Compagnie des Guides de Chamonix, poste difficile qu’il occupera 3 ans, à la satisfaction générale.

En 1950 il envisage une carrière de gardien de refuge aux Grands Mulets, il reçoit un groupe du C .A.S. à Pâques pour l’ascension du Mont Blanc, l’expérience d’un week-end lui fera renoncer à ses nouvelles fonctions d’hébergeur, sa motivation pour grimper les sommets est plus forte, il refermera le refuge.

Une belle carrière commence, en 1950 il rentre comme professeur à l’ENSA, estimé de ses chefs, de ses camarades et des stagiaires, il est un pilier de l’ENSA et, est désigné en 1959 pour partir au Caucase. Il est à l’apogée de sa carrière alpine, là encore sa classe de montagnard sa personnalité lui valent l’estime de ses compagnons russes et français. Il est décoré de l’insigne des alpinistes débutants du Caucase ; il conduit l’ascension de l’Ousba 4705 m,  montagne aux formes sauvages que les Balkans nomment la sorcière en raison de la sévérité de ses faces de ses arêtes  et de ses couloirs sombres.

Avec ses compagnons d’aventure ils gravissent l’Elbrouz 5633m.

Léon se distingue aussi au cours de nombreux sauvetages périlleux.

Il est titulaire de la médaille de vermeil et d’argent de sauvetage. En 1955 il reçoit le diplôme acte de courage et de dévouement décerné par le ministre de l’intérieur.

Une de ses clientes Ruby d’Ascott avec qui il a parcouru le massif, disait « Je regarde travailler Couttet, il pose les pieds avec toujours le même rythme lent, souple et mesuré. Jamais son regard ne quitte la glace et son œil habitué aux couleurs de la neige ne cesse d’explorer, de sonder, de conclure, c’est un expert glaciériste et rochassier »

Père de famille c’est un homme généreux, intègre, d’un caractère enjoué, soucieux et attentif du bien être de chacun.

Par un dimanche de juillet, au cours d’un pique nique familiale il se tue à l’âge de 38 ans en voulant sauver sa femme qui glisse sur une pente herbeuse, laissant 4 fillettes et son épouse dans un immense désarroi. La justesse de ses jugements et sa grande bonté nous laissent le souvenir d’un père exemplaire.

Armand Charlet  fera son éloge le jour de sa sépulture «  le monde de l’alpinisme a perdu avec lui un remarquable professeur et une âme délite »

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