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La cotation en cascade de glace

Lorsqu’on ouvre un topo de montagne ou de cascade de glace, la lecture de celui-ci peut être rendue difficile par le grand nombre d’annotations qui peuvent se trouver à côté du nom et de la longueur de l’itinéraire.
Voici quelques explications pour déchiffrer tout ça !

 

Depuis plusieurs années un système de cotation à double entrée, venu du Canada, est utilisé en Europe.

Un grade de sérieux, en chiffre romains exprime l’engagement, le sérieux de la course, l’exposition aux dangers objectifs (séracs, chute de pierres…), la possibilité ou non de faire demi-tour, la continuité des difficultés, la présence ou non et la qualité d’équipement en place…

I : Escalade assez courte, sans danger objectif.

II : Deux ou trois longueurs, peu de dangers objectifs. Descente en rappel éventuelle
Ex : cascade de l’EMHM en rive gauche du glacier d’Argentière

III : Plusieurs longueurs techniques et/ou approche longue demandant une bonne expérience de la montagne hivernale et de ses dangers. Dangers objectifs.

IV : Plusieurs longueurs difficiles, dangers objectifs pendant l’approche et l’ascension. Descente longue et/ou compliquée.

V : Longue escalade technique et engagée. Descente difficile et compliquée.
Ex : La Dame du Lac à Montriond, Pissevache au Fer-à-cheval.

VI : Longue voie aux difficultés techniques élevées et continues et à l’engagement important. Les dangers objectifs sont élevés (avalanches, effondrement…). Problèmes logistiques liés aux hivernales, l’éloignement et l’altitude.
Ex : Cascade de la Massue ou de la Lyre à Sixt Fer-à-Cheval

VII : Même définition que le grade VI mais avec une ampleur et des difficultés encore plus importantes. Souvent utilisé pour des ascensions difficiles en Himalaya.

A ce chiffre romain s’ajoute un grade technique ou les difficultés s’expriment de 1 à 7. En cascade de glace, le ressenti de la difficulté peut énormément varier en fonction des conditions (Une cascade en glace tendre est bien plus facile à grimper qu’une cascade en glace dure) et du nombre de passages (ancrages dans la glace réalisés par les piolets et les crampons des autres cordés ). Par exemple, la mythique cascade de « Moulin Marquis » dans le Vercors était cotée 6+ à l’ouverture en 2001. En 2012, après une période de froid intense la cascade s’est reformée et on a pu y voir jusqu’à 7 cordées le même jour ! Certains ont alors attribué à cette cascade d’envergure la cotation de 4+ !

1 : Balade sur glace avec crampons.
Ex : Ruisseling

2 : Une longueur à 60°, glace de bonne qualité et bonnes protections

3 : Glace à 70°/80° sur glace épaisse et de bonne qualité.
Ex : La crèmerie à Argentière.

« Patri » à Cogne (Italie).

4 : glace à 75°/80° avec une partie plus raide voire verticale.
Ex : « Patri de droite » à Cogne (Italie).

La dernière longueur de "trip in the nigth"

 5 : Une longueur plus sérieuse en bonne glace avec une dizaine de mètres verticaux voir un tube en bonne glace.

Première longueur de Lau Bij à Cogne


6 : Une longueur soutenue avec peu de point de repos. Grandes sections à 90° voir plus. Les protections sont parfois difficiles à placer et les relais parfois inconfortables.
Ex : « Shiva Lingam » en rive droite du glacier d’Argentière ou « la Dame du Lac » à Montriond.

Thierry Renault à l’ouverture de « la Dame du Lac » à Montriond. Un tube en 6+ mythique pour lequel on fait le tour du monde


 La longueur clef (6+) de « San Valentino direct » dans le vallon de Salles. Même si les protections placées à la limite de la glace et du rocher sont solides, il faut tout de même s’engager sur le free-standing pour contourner le surplomb sommital.

7 : Une longueur verticale et soutenue sur un édifice fragile ou de la glace fine rendant les protections difficiles à placer et aléatoires.
Ex : « La Lyre » ou « La Massue » à Sixt Fer-à-Cheval.


Le tube de "la Massue" version 2013

A ces chiffres, on peut rajouter parfois les lettres « M » , « R » et « X ».

M signifie que l’escalade aura une tendance mixte. Si il ya beaucoup de passages de mixte, le M peut se succéder de chiffres allant de 1 à 15… Le fameux dry tooling !


Dans une voie mixte à pré St Didier (Italie).

« R » peut se traduire par « glace rare ». L’épaisseur de glace dans les passages difficiles peut rendre la pose de protections, (et même parfois la progression) problématique !


Dans la longueur clé de la voie "Belleville-Laurent" aux Eaux Noires (Suisse).

Pour finir « X » signifie structure fragile ou risque d’écroulement… Bourrins s’abstenir !
L’épaisseur de glace, très mince, rend la pose de points de protections vraiment problématique. Il faut donc ruser et essayer de placer des points dans le rocher.)

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